L’impôt LGV

 

Ça y est, l’impôt LGV nouveau est arrivé.

 

Tout en douceur, en catimini, les élus de Midi Pyrénées ont voté l’impôt LGV. Un impôt facile à trouver, payé par le plus grand nombre de personnes physiques, des jeunes à partir de 18 ans aux plus âgés, par les entreprises, bref, par un maximum de monde. Au départ, cela paraît dérisoire. Jugez –en vous-même : il s’agit d’une augmentation de la TIPP de 60 cts pour 100 litres de carburant. Les automobilistes vont encore être mis à contribution, mais aussi les entreprises pour leurs véhicules,…Cela rappelle l’implantation de la Contribution Sociale Généralisée en 1991 où le taux initial était de 1,10%. On voit ce que cela donne aujourd’hui (8 % en incluant les 0, 5% de Contribution au Remboursement de la Dette Sociale). On commence petit, mais ça peut finir très fort. L’avantage de ce mode de racket, c’est que les gens ne sont pas informés. Le prix du carburant fluctue tous les jours, mais plus pour augmenter que pour diminuer. Alors, un peu plus ou un peu moins, personne n’y verra goutte. Et puis, noyé dans la masse, c’est moins impopulaire que de voir une augmentation directe sur sa feuille d’impôts. Ce qui est gênant, c’est que la LGV aurait dû être financée intégralement par l’Etat, et pas par les contribuables de Midi Pyrénées. La plupart des gens qui vont payer ne prendront jamais le train, et encore moins le TGV … de la LGV.

Mais ce premier impôt va en cacher d’autres. En effet, les collectivités territoriales vont aussi financer. Alors, il va aussi falloir augmenter les impôts du département. En ce qui nous concerne, c’est déjà fait. Le Conseil général de Tarn et Garonne en 2010 nous ponctionne un taux bien supérieur à celui de l’inflation. Vous pouvez vérifier vous-même sur vos propres documents.

Si vous avez la malchance en plus d’habiter dans le ressort d’une communauté de communes elle aussi mise à contribution, attendez vous à voir augmenter vos impôts locaux. Ça gronde déjà du côté de Montauban.

L’Etat, (qui va quand même contribuer un petit peu à la LGV), de son côté va raboter les niches fiscales. Une super expression langue de bois politicarde que celle de raboter les niches fiscales. On n’ose pas dire : on supprime des avantages, donc vous paierez plus, non, on rabote. Cette année des milliers de gens vont être rabotés.

Si on additionne le rabot de l’Etat, les impôts locaux, les impôts du conseil général et ceux du conseil régional, çà commence à faire beaucoup, surtout que le projet doit être remboursé sur une durée qui va s’étaler sur deux générations.

 

Pour la première fois en Midi Pyrénées, il semblerait que quelques conseillers régionaux aient pris la mesure de cette imposture. 

Compte rendu de séance de vote au Conseil Régional de Midi Pyrénées -  Novembre 2010 :

 Cette assemblée plénière du 08 Novembre 2010 a principalement été dédiée aux orientations budgétaires et à la Décision Modificative numéro 2*.

*Décision Modificative 2 (dite DM2) : redéploiement des crédits en fonction des consommations et des besoins, elle permet de renforcer des mesures selon les priorités régionales.

 

L'assemblée régionale a voté la majoration de la Taxe Intérieure sur les Produits Pétroliers dite "Grenelle de l'environnement". Avec la réforme fiscale et la suppression de la taxe professionnelle, la modulation de la TIPP devient la seule recette évolutive du Conseil régional. Cette augmentation sera quasiment imperceptible à la pompe (60 centimes d'euros pour 100 litres d'essence). Néanmoins, le Groupe Europe Ecologie a déposé un amendement pour modifier l'affectation de ces recettes (destinées au financement des LGV) afin que ces crédits servent aussi à améliorer et à moderniser le réseau ferroviaire existant.

 

 

56 conseillers ont voté pour, mais il y a eu 36 abstentions. C’est un net progrès par rapport à la position de départ de certains. 

Il faut continuer à expliquer qu’on ne sacrifie pas des citoyens, des terres agricoles, des entreprises, des biotopes et des zones naturelles protégées pour gagner uniquement 20 minutes entre Toulouse et Paris, tout en dépensant plusieurs milliards pour ça.

Pensons à l’aménagement des voies existantes, plus économiques et donc plus rentables (ou moins déficitaires) qui ne produisent pas les nuisances induites par la construction d’une nouvelle LGV.

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