Les déclarations de Nathalie Kosciusko-Morizet sur la pertinence économique de la LGV suscitent des interrogations.
 
Est-ce le début de la fin du projet LGV au sud de Bordeaux ? Impossible de répondre encore à cette question, mais force est de constater que les propos tenus par la ministre de l'Écologie et des Transports, Nathalie Kosciusko-Morizet, la semaine dernière lors des Assises du ferroviaire ont fait l'effet d'une bombe chez les partisans et les anti-LGV. En suggérant « de confier à une commission indépendante l'évaluation de la pertinence socio-économique des prochaines lignes à grande vitesse », la ministre a clairement sous-entendu que les projets futurs ne pourraient voir le jour que si leur rentabilité était avérée. Cette prise de position intervient quelques jours après la mise en place de l'observatoire des trafics, suite à la remise en cause des chiffres présentés par Réseau ferré de France (RFF).

Pour les militants anti-LGV, cette prise de position est une très bonne nouvelle. Car voilà des années qu'ils tirent la sonnette d'alarme en évoquant un « gouffre financier » : « La ministre touche du doigt ce que nous affirmons depuis le début : ce projet n'est pas rentable. Peut-être avions-nous raison trop tôt », raille le président du Cade, Victor Pachon.

Pour autant, personne n'ose croire que le dossier, chiffré en 2006 à 5,8 milliards d'euros entre Bordeaux et la frontière, va être abandonné. Dans quelques jours (9 janvier), le tracé définitif sera présenté en comité de pilotage à Bordeaux. « Nous avons en face de nous des lobbies et des politiques très puissants, dotés d'une vanité extrême », rajoute Victor Pachon.

La crise économique n'est certainement pas étrangère à ce nouveau discours gouvernemental. Pour autant, cette prise de position arrive un peu tard selon les élus basques qui militent contre la LGV, à l'instar du président de la Communauté de communes Sud Pays basque (CCSPB), Michel Hiriart : « Dès le départ, ce projet aurait dû être précédé d'études indépendantes socio-économiques et de trafic. On aurait vite compris que ce projet était démesuré par rapport au service rendu. » Dans quelques jours, la CCSPB va mettre en ligne l'étude commandée au cabinet suisse indépendant Citec. « Il y a un énorme décalage entre les chiffres annoncés par l'Espagne et la France sur le fret », prévient l'élu.

Jean-Jacques Lasserre (sénateur Modem) ne cache pas avoir été étonné par les déclarations de NKM « que l'on est bien obligés d'écouter ». L'ancien président du Conseil général avoue avoir eu la surprise d'apprendre, la semaine dernière dans cette enceinte, que le tronçon Bordeaux-Hendaye ne serait financé que par des fonds publics.

Il est probable que la situation financière de l'État le rende prudent. Je me suis toujours battu pour des dessertes de Bayonne et de Pau. Je crois que, dans cette ambiance de flottement de l'État, les collectivités doivent renégocier et suspendre leur participation à Tours-Angoulême-Bordeaux et bloquer les budgets sur la partie sud de la ligne. Depuis le début, je ne cesse de dire que la responsabilité des collectivités du sud ne doit s'exercer que sur cette portion du tronçon. »

La députée de la sixième circonscription, Michèle Alliot-Marie, qui s'est clairement positionnée contre ce projet, va plus loin en critiquant l'attitude des élus socialistes qui veulent défendre à tout prix le soldat LGV : « La proposition de Mme Kosciusko-Morizet est de bon sens. Les prévisions de trafic avancées pour la LGV en 2006 ont déjà dû être sensiblement baissées et ne tenaient pas compte des réalités de 2011. La crise économique européenne touche de plein fouet l'Espagne et le Portugal. Le monde arabe est plein d'incertitudes. MM. Rousset et Malvy contestent qu'on veuille évaluer la pertinence sociale et économique d'un projet. Est-ce à dire qu'ils financeraient un projet non pertinent économiquement et socialement ? »

C'est également notre commenaire. En effet, pour la première fois depuis une trentaine d'années un ministre se préoccupe de la pertinance socio économique d'un projet !!!!!!!
Il était bien temps. Merci à Mme N.Kosciusko-Morizet.

Pour le reste cela ne nous étonne pas. Nous sommes dirigés localement par des "vieux" qui ont des idées de leur âge et des pratiques de leur âge, c'est à dire d'une époque où l'on dépensait sans compter pourvu que ce soit l'argent du contribuable.

Mais maintenant nous en sommes réduits à emprunter pour pouvoir payer les intérêts de la dette, il serait temps de réaménager les voies existantes pour des gains de temps à coûts modérés.

 Un bon rapport qualité prix, ça c'est du Bon Sens.
 

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