extrait du Sud Ouest du 17/12/2011

Coup de froid sur le projet LGV au sud de Bordeaux

La ministre des Transports demande une évaluation indépendante afin de jauger la pertinence des investissements ferroviaires non engagés.

Nathalie Kosciusko-Morizet, la ministre de l'Écologie et des Transports, a frappé un grand coup hier. À la clôture des assises nationales du ferroviaire, à Paris, cette dernière a avoué son intention de lancer, dès 2014, une expérimentation de l'ouverture à la concurrence des trains express régionaux (TER) pour les régions qui le souhaitent et des trains d'équilibre du territoire (Corail et Intercités). La ministre veut que l'ensemble des nouveaux entrants sur le marché français soient soumis au même accord de branche que les agents de la SNCF. Et a d'ores et déjà décidé de la réunification en un seul lieu de la gestion des infrastructures ferroviaires, sans avoir défini « si c'était sous l'autorité de RFF ou selon un scénario de holding à l'allemande », déplore Gilles Savary.


L'élu girondin était un des quatre présidents de commission de ces assises pluralistes, au chevet d'un système ferroviaire français « au taquet » puisque déficitaire (1,5 milliard d'euros par an), subventionné (13 milliards d'euros par an) et endetté à hauteur de 30 milliards d'euros.

Satisfaction des opposants

La question du financement du système dans les années à venir figurait dans les conclusions de la commission présidée par l'économiste Nicolas Baverez. Elle avait déjà secoué sérieusement les esprits en demandant un moratoire sur les projets ferroviaires du Grenelle de l'environnement, y compris l'arrêt des études. Une balle que NKM a reprise presque immédiatement au bond en confirmant la réalisation du TGV Bretagne, de la dernière section du TGV Est et de la ligne SEA Tours-Bordeaux. Mais la ministre des Transports a également demandé que tous les autres projets annoncés ou prévus, mais non engagés, soient soumis à l'appréciation d'une mission d'évaluation indépendante qui jugera de « leur pertinence économique ».

Pour les partisans des prolongements du TGV au sud de Bordeaux et pour le préfet d'Aquitaine, Patrick Stefanini - qui devait remettre à la ministre le projet de tracé définitif pour examen par les services techniques centraux -, cette annonce, pas encore confirmée officiellement, est une douche froide.

En revanche, les opposants basques et lot-et-garonnais, qui affirment depuis longtemps que les investissements au sud de Bordeaux (plus de 10 milliards d'euros) sont une folie au regard des besoins, ne cachent pas leur satisfaction. Déjà, le rapport parlementaire Mariton, en mai, puis le projet de révision du schéma national des infrastructures s'interrogeaient sur le financement de ces futures lignes.

Ce nouveau coup de frein crispe la Région Midi-Pyrénées, qui participait à hauteur de 220 millions d'euros au Tours-Bordeaux en échange de la garantie d'un prolongement de la ligne vers Toulouse. Accord que le moratoire décidé par NKM fait voler en éclats. « Je reste confiant sur les conclusions de l'étude sur la ligne Bordeaux-Toulouse, car c'est elle qui donne toute sa rentabilité à la Tours-Bordeaux », réagissait hier le président de Midi-Pyrénées, Martin Malvy.

 




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