La gare nouvelle de Montauban-Bressols ?

  

A Montauban, la LGV est vue de loin pourtant il serait temps que le cas de la gare entre dans le débat public. D’où ces quelques lignes… sans grande vitesse.

 

Le projet présenté par RFF

Contrairement à ceux qui pensent que tout a été décidé sans « concertation », RFF rappelle que « suite au débat public du projet de ligne nouvelle Bordeaux – Toulouse, il a été acté que l’agglomération de Montauban serait desservie par une gare nouvelle permettant d’assurer la correspondance avec le trafic TER et Grandes Lignes (GL). » C’était en 2005…

En juin 2009, suite au bilan d’étape, RFF ajoute : « Toutes les réflexions ont été menées selon une procédure de concertation en continu des études favorisant le dialogue avec l'ensemble des acteurs concernés. Cette démarche a permis de partager les informations, d'alimenter le débat au fil des études, et d'assurer une cohérence entre ce projet et les enjeux de développements territoriaux. »

Bref, il a été noté que « l’aire d’attractivité de la gare de Montauban englobe une grande partie du Tarn et Garonne et du Lot ainsi que le Nord de la Haute-Garonne, l’Ouest du Tarn et une petite partie du Gers. »

Pour le Lot, ils font déjà comme si la ligne Montauban-Limoges n’existait pas !

De tout ça il ressort :

Programme des infrastructures à aménager

Un zoom a été réalisé sur les infrastructures à aménager afin de répondre aux fonctionnalités souhaitées. Les éléments suivants sont à envisager :

Raccordement routier vers Montauban (via l’A20 ou la RD928) vers l’agglomération toulousaine (via l’A20), vers le Gers (via la RD928).

Un stationnement évalué à ce stade des études à 1000 places.

Une nouvelle gare sur ligne existante pour assurer le transfert des passagers depuis ou vers les trains grandes lignes ou TER. Compte tenu de la projection du PRT2 (Plan Régional des Transports) avec un arrêt supplémentaire dans cette nouvelle gare, une gare de desserte au passage des trains TER est suffisante pour assurer des liaisons entre gare nouvelle et gare de Montauban-Ville-Bourbon. Le montant indicatif de ces aménagements est estimé à ce stade des études entre 130 et 150 M€. »

 

Le projet en traduction pratique : la gare fantôme

La gare elle-même est estimée à 50 millions d’euros par RFF, donc les autres aménagements tournent autour de 100 millions à la charge des collectivités territoriales. Pour avoir quoi ?

J’attends qu’on m’explique comment on va remplir le parking. Je sais, le trafic est estimé à 1 000 000 de voyageurs par an (le projet 2005 indiquait 450 000 en plus dont 100 000 repris à la route et autant à l’avion) soit environ 2800 voyageurs par jour donc il faut en effet un parking de 1000 places mais avec quatre arrêts et des rames qui font 800 personnes, qui va me faire croire qu’à Montauban va descendre presque une rame entière à chaque arrêt ?

C’est sûr, il aura fallu tarir très sérieusement le trafic par Limoges…

Pour mémoire, le trafic actuel annuel de Montauban avec les TER et les différentes lignes est de 700 000 voyageurs et même si le parking actuel est trop petit, il est très très loin d’avoir mille places.

Cette gare m’apparaît plus comme une gare fantôme qui s’animera quatre fois dix minutes chaque jour et qui le reste du temps, c’est-à-dire l’essentiel du temps, sera déserte. Je veux bien que la LGV multiplie l’actuel trafic TGV mais je n’arrive pas à comprendre d’où vont sortir des centaines de nouveaux clients qui, me dit-on, ne prendront plus l’avion.

 

                                                      14-03-2010 Jean-Paul Damaggio

 




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